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Suisses à l’URDLA par Florence Charpigny Les relations artistiques entre la France et la Suisse, pour se limiter à ce volet des échanges entre les deux pays, sont aussi anciennes que profondes. Entre Genève et Lyon, bien sûr, séparées par les montagnes et réunies par le Rhône; bien des artistes pourraient attester de ces échanges qui, pour avoir été permanents au fil du temps, n’en ont pas moins eu leurs hauts et leurs bas. Mais pas seulement, et avant même le XVIe siècle. Dans cette optique, on peut considérer l’exposition de l’URDLA comme témoignage d’une permanence. Seulement, ce déballage identitaire (la Suisse, là-bas, dans sa proximité, donc sa différence, la France, ici; moi Tarzan, toi Jane) a-t-il un sens? Autrement dit: est-il important, est-il signifiant que ces artistes exposés soient Suisses? Ne peut-on imaginer, dans ce temps où l’on confond art et images, un “art” typiquement suisse, représentant peut-être quelques alpages pleins de vaches et de chalets, un coucou en guise de Roue de bicyclette? Quoique... Ou encore: une identité nationale peut-elle constituer un référent, aujourd’hui, pour un artiste, disons, européen? La réponse se trouve peut-être dans l’inscription de Ben, au fronton du pavillon de la Suisse à l’Exposition universelle de Séville: “La Suisse n’existe pas”. Ni la France, donc. Que nous voilà heureusement débarrassés des trop officielles relations transnationales, et prêts à travailler. La visite de l’exposition, indispensable, est à elle seule une réponse : ce qui est vraiment important, c’est le travail des artistes, surtout par rapport au média qu’ils ont choisi, l’estampe, trop mal connu hors de son cercle d’amateurs. Suisses à l’URDLA Jusqu’au 29 mai URDLA, centre international de l’estampe 207, rue Francis-de-Pressensé, Villeurbanne Edition d’un catalogue |