Une Taïwanaise à la Mapra
Mei Yueh Chen, ou la discrète métamorphose

par Florence Charpigny

 

 

 

Dès l’abord, en vitrine, deux pieds, refermés sur eux-mêmes, et deux mains, ouvertes… Ceux de Mei Yueh Chen, moulages de papier mâché, dépouilles symboliques d’un état antérieur.

L’artiste, fascinée par la culture occidentale, retrace sa découverte et un apprivoisement mutuel, sensible, tendu constamment vers la recherche d’un équilibre, voyage d’une jeune Taïwanaise poétique en culture occidentale. Entre rêve et réalité, force et fragilité, avant et après.

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Dix cocons de figure humaine sans tête

Les formes anthropomorphiques que Mei Yueh Chen nomme elle-même cocons sont autant de protections qui ont abrité sa métamorphose. Ce terme, induit par la démarche de l’artiste, est particulièrement radical, il appelle une mutation absolue, dit implicitement le repli sur soi, la douleur propres à tout travail d’acculturation. Cela, ce qui ressortit de l’intérieur, l’artiste ne le montre pas, ne le suggère même pas: ces masques multiples, ces membres abandonnés sont autant d’enveloppes gardant le mystère de ce qu’elles ont contenu, abrité, de dépouilles signant une (re)naissance à un autre monde.

Cocons aussi les grands cônes de papier journal, au symbolisme un peu laborieux (l’intérieur en journaux taïwanais, l’extérieur en journaux français), minutieux, impeccables. Tout comme chaque objet, net et précis, un peu lisse, un peu froid, un peu retenu.

Au total, une démarche attachante par sa simplicité et sa sincérité, une artiste à suivre.

 

C’était à la Mapra
Tel: 04 78 29 53 13
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