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les exclamations des passants sur la Promenade. Le voilage laisse entrer le soleil qui s’épanouit sur l’or des murs, soleil d’un matin enchanté et ordinaire à la fois qui, d’une coulée dorée, dessine l’ombre de la balustrade de pierre blanche sur le carrelage de la chambre, qui illumine la coiffeuse... Alors tout me revient pêle-mêle, dans une incontrôlable bouffée de nostalgie: la Baie des Anges au matin, les premiers promeneurs, le soleil déjà haut, la Promenade jusqu’au Beau Rivage dont j’aime tant la plage et d’où, justement, Matisse a peint tout ce bleu, tout ce soleil. Puis rituellement bifurquer par la rue Bréa, gagner la rue Saint-François-de-Paule, le cours Saleya, les cafés de la place Rossetti où, dieu seul sait pourquoi, je m’arrête toujours pour manger les figues encore chaudes vendues par le Toine de Cantaron. Tous ces instants de bonheur mille fois répétés, peut-être mal goûtés et d’autant plus désirables aujourd’hui qu’ils sont interdits, parce que je suis à des milliers de kilomètres, censée flâner autour de la Factory et manger des sandwichs au pastrami dans East Village. |
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