Dernier réveillon.

 par Sophie Bellé

 

Dernier réveillon... Vous ne croyez pas si bien lire... Dernier en tout cas pour les héros de cette histoire. Explication : alors qu'approche l'heure fatidique (minuit, un 31 décembre), les occupants de la "Résidence des Iles" semblent être frappés de démence et se muent en criminels hallucinés. Dernier réveillon et autres nouvelles cannibales : à qui doit-on cet "ovni" particulièrement efficace, jubilatoire et insolent ? Réponse : Niccolo Ammaniti, un jeune auteur italien de 32 ans, qui a publié ses premières nouvelles dans l'anthologie Gioventu cannibale  en 1996 et dans Tutti i denti del mostro sono perfetti  en 1997. Notre écrivain-cannibale (c'est ainsi qu'il se définit) s'en donne à coeur joie et ne nous épargne rien (évidemment !). Le rire (jaune , cela va de soi) est présent à toutes les pages. Tous les ingrédients sont réunis pour former un cocktail explosif : personnages hauts en couleur, situations invraisemblables, férocité du récit, crudité du langage... Il pratique une littérature qui a coup sûr "crispera". Qu'importe. Il appartient à la "Génération-cannibale" (1966, excellent cru), impertinente, subversive et active qui se nourrit de tout ce qui l'entoure. Pour notre plus grand plaisir. Gracie mille.

Niccolo Ammaniti, Dernier réveillon et autres nouvelles cannibales, trad. de l'italien par Dominique Vittoz, Hachette Littératures, 1998.