Poème de Pierre Vieuget La lumière poudre le val de fines gouttes de brume. Mes yeux clos tournés vers le soleil
découvrent un paysage de sang. J'arpente la gravière et m'assois sur un banc. J'aime ce fin voile blanc sur tes jambes, l'ancolie, les nervures, les festons des tissus sur ton corps. Ta peau est un paysage.La lumière poudre les feuilles vert tendre et lie de vin d'automne, plus lumineuses à la nuit. J'aimerais suspendre à tes rêves l'amitié, les ruisseaux. Chaque moment de vie, chaque rage, chaque accord
prennent leur temps. Rien ne se heurte qui ne soit à une coudée de tes yeux. Les maïs, en bord du chemin, sont blanchis de poussière. La fraîcheur gagne mon cou, mes épaules. Je m'épanche sous le ciel
orangé. Le gris bleu de l'univers emplit mes poumons, ma gorge assoiffée, mes attentes. Je pense à toi doucement et ne me résigne à rien. Ma quête de compréhension, mon apprentissage sont insatiables. J'ouvre des livres
foisonnants de mots et de langages, ton corps gravé de mille chemins. Pierre Vieuguet, né en 1951 à Paris, réside à Gières, près de Grenoble.
Il dirige, depuis sa création en 1985, la Maison de la Poésie Rhône-Alpes
à Saint-Martin-d'Hères. Il y organise des rencontres avec les poètes, une Biennale de la poésie, des ateliers de création, des expositions, une collaboration régulière avec les peintres. Il anime l'édition d'anthologies et depuis 1992, la revue " Bacchanales ". Il a publié:
Livret de l'Oratorio pour trois gavroches (musique d'Eric Doucet, 1988), Turbo poésie (livre d'artiste réalisé par Bernard Larcher, éditions Karedys, 1991), Tuffeau et tourbe (graphismes de
Guerryam, sérigraphiés par Bernard Larcher, édition Karedys, 1991). Des textes dans les revues: Absinthes, Bacchanales, Cahiers de PoésieRencontres ... |