Uzès à l'heure anglaise par Nathalie Demichel
Après avoir arpenté dans ses éditions précédentes les paysages chorégraphiques nordiques et allemands, le festival de danse d'Uzès ouvre une fenêtre sur la création chorégraphique britannique et irlandaise.
La programmation se concentre sur des petites formes (solo, duo...), sur la découverte de danseurs peu connus et investit plusieurs lieux de la ville.
Dans le Jardin de l'Evêché, entre instants de silence et d'envol, l'anglais Philipp Gehmacher dansera à corps perdu Absence, un solo rythmé par la musique de Purcell, et, dans la Cour de l'Evêché,
Russel Maliphant déploiera son style de calligraphe du geste tout en précision et fulgurance. Comme se parlant l'un à l'autre, le cyber espace peuplé de corps virtuels d'Aeon, créé par Wayne Mc Gregor
répondra à l'univers développé par Michael Keegan Dolan dans Fragile, entre Beckett et Jérôme Bosch. Sur la scène recouverte de tourbe noire les danseurs tombent comme des anges.  Les français ne sont évidemment pas absents des réjouissances. Hélène Catala et Fabrice
Ramalingom, anciens interprètes de Dominique Bagouet, présentent un duo en forme de conférence dansée. Le geste est décomposé et les mots décrivent l'espace, soulignent le vide
et le plein de chaque mouvement. Karine Saporta investit le jardin de l'Enclos de la Source pour une création inspirée par Kandisky et par la couleur. Babara Sarreau part des hallucinants
cahiers de Nijinski pour interroger les rapports entre chorégraphie et langage. A l'heure de l'apéritif, sur la place aux Herbes, on pourra aussi s'initier aux danses traditionnelles
irlandaises et écossaises, et prolonger l'ivresse de la danse en participant au bal du 21 juin, accompagné par les musiques des Celtic Reelers.
Festival de la nouvelle danse d'Uzès Du 15 au 23 juin 2001 Renseignements : 04 66 03 15 391)Fabulous Beast Dance Theatre "Fragile" chor : Michael Keegan Dolan. Photo : Rus Kavanagh
2)Russell Maliphant Company. Photo: Hugo Glendinning |