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La Stanza del Figlio (La Chambre du Fils) Palme d'Or - Cannes 2001 Réalisation : Nanni Moretti (Italie) Par Christian Delvoye Une famille unie dans une petite ville du sud
de l'Italie. Le père, Giovanni, la mère, Paola, et leurs deux enfants, déjà adolescents : Irène, l'aînée, et Andréa, le cadet. Giovanni est psychanalyste. Dans son cabinet, qui jouxte son
appartement, ses patients lui confient leurs névroses qui tranchent avec le calme de sa propre existence. Un dimanche matin, Giovanni est appelé en urgence par un patient. Il ne peut aller
courir avec son fils comme il le lui avait proposé. Andréa part faire de la plongée avec des amis, il ne reviendra pas.
Contrairement à ses films précédents, où le personnage principal narrait plutôt l'histoire, parlant à la première personne, La Chambre du Fils raconte une
histoire fictive, celle d'une famille heureuse de la classe moyenne déchirée par la mort accidentelle du fils. Au début du film, Moretti peint un portrait intime
des personnages, au boulot, à l'école, à table, etc... Malgré quelques petits ennuis, comme lorsque Andréa est accusé d'avoir volé un fossile à l'école, la
famille est heureuse. Tout change lorsque Andréa meurt accidentellement dans un accident de plongée sous-marine. Anéantis par le chagrin, tous les membres
de la famille vont réagir différemment à cette tragédie. Giovanni, habitué à débloquer les émotions des autres, se trouve incapable de surmonter son
propre sentiment de culpabilité et d'impuissance. Paola devient obsédée par l'idée de rencontrer une jeune fille avec laquelle Andréa correspondait
secrètement, tandis qu'Irène passe sa colère sur le terrain de basket-ball. Cette histoire est le résultat d'une période intensive de réflexion du réalisateur. Je pense depuis longtemps à ce film, déclare Moretti,
et par-dessus tout au personnage du psychanalyste. Je n'étais pas intéressé par son activité professionnelle mais plutôt par la vie qu'il mène. Mon autre souhait était
de montrer comme la tristesse sépare souvent les gens qui s'aiment, lorsqu'ils sont confrontés à la mort. C'est frappant comme le père, la mère et la soeur réagissent chacun d'une manière différente. Ce n'est pas
juste de dire que la tristesse réunit les gens. Elle les sépare plus souvent. Ce n'est pas important de savoir si le film est autobiographique ou non.
Si j'avais fait ce film il y a quinze ans, il aurait été complètement différent, comme l'était ma position vis-à-vis de la mort continue Moretti. Aujourd'hui, je me sens capable de porter à l'écran un personnage
comme Giovanni qui ne peut contrôler ni sa famille, ni ses propres sentiments. (Propos recueillis à Cannes). On attendait le film, auréolé d'un
bon début de carrière en Italie, récompensé par trois David de Donatello (Césars italiens). Le résultat vaut bien cette longue attente et surpasse toute espérance. Photo : Andréa (Guiseppe Sanfelice) et Giovanni (Nanni Moretti) (c) Service Presse
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