Musicades

Par Dominique Dubreuil

Commençons par le rite chambriste sans lequel Lyon ne serait dans Lyon à la rentrée. Les 13émes Musicades prolongent encore l'originalité d'une conception avant tout formatrice pour les jeunes talents pré-professionnels, que viennent éclairer les concerts. L'interaction est primordiale entre public, enseignants et enseignés. En 2002, ce sont trois  quatuors de la jeune génération – Psophos, Johannes, Satie – qui, "en fête" selon l'expression-titre de cette édition, échangent leurs pouvoirs neufs avec d'autres instrumentistes
(des vents) et fédéreront des programmes avec les maîtres qui ont veillé sur l'histoire des Musicades:
du toujours fidèle et bon génie violonistique Joseph Silverstein à la cadette pianiste Marie Charvet (qui aura carte blanche au Musée des Beaux-Arts), du très sage et très ardent pianiste Jean-Claude Pennetier au violoncelliste si chaleureux Rocco Filippini, du clarinettiste-compositeur Jörg Widmann à l'altiste ascétique Paul Coletti, et bien d'autres qui seront modèles, conseillers, partenaires et amis…

Eclectisme et intuition
En ouverture, les trois quatuors s'uniront sous la direction de Rocco Filippini pour donner avec le contrebassiste Franco Petracchi le Grand Duo Concertant de Bottesini (pour un instrument qui n'est pas souvent à la fête en premier plan), puis avec le bassoniste David Petersen un concerto de Mozart. L'équilibre entre les trois derniers siècles domine les concerts, sans que toutefois les 13èmes Musicades inscrivent une thématique particulière.
Les essentiels sont en tout cas présents : Mozart (Quintette avec clarinette, Quintette à cordes K.515, une sonate violon-piano), Beethoven
(5e sonate violoncelle-piano), Schubert (Fantaisie en fa pour quatre mains), Schumann (2e sonate violon-piano), Brahms (Quintette piano-cordes op.34, 2e Sextuor), Fauré ( 2e quatuor avec piano), Ravel (Quatuor, Duo violon-violoncelle), Schoenberg (Trio), Bartok (5e Quatuor). Pour la jonction XIXè-XXe et un doigt de kitsch, le Septuor de Saint-Saëns et le plus rare Quintette piano-cordes de Reynaldo Hahn. Et pour célébrer le XXIe commençant, deux partitions en création française (Sonate violon-piano de Nicolas Bacri) et mondiale (Soleares, d'Henry Fourès, une commande des Musicades elles-mêmes.

 7 concerts du 11 au 19 septembre ; nombreuses  classes de maîtres et répétitions publiques au CNSM
T. 04 72 00 20 98 /
www.musicades.com
1) Quatuor Satie (Ph.:DR) – 2) Quatuor Johannes (Ph.:DR)