Omar Sosa Trio

Par Christian Delvoye.

Cubain, percussionniste et pianiste,
entre jazz et fusion, rythmes cubains et musiques africaines, tradition et modernité, Omar Sosa oscille. Il ose les rapprochements les plus inattendus. La musique cubaine a peut-être trouvé là un nouveau souffle?

Depuis qu'il a été initié à la Santéria, culte vaudou cubain, le pianiste et compositeur Omar Sosa ne s'habille plus que de blanc, la couleur d'Obatala, un des principaux dieux Orichas (Les divinités de cette Santéria). Son premier album, en 1996, révèle un pianiste ébouriffant dont le style, influencé autant par Monk que par Chopin, est déjà traversé de ces instants dramatiques qui sont sa marque de fabrique.

Dès cette époque, le pianiste consacre sa vie et sa musique à la religion. En quelques disques torrides, il invente la manière la plus urbaine, la plus contemporaine, de rendre un hommage sincère à son syncrétisme. En 1997, Sosa enregistre un monument Free roots , premier volet d'une trilogie magique qui se poursuit avec Spirit of the roots et s'achève, trois ans plus tard, avec Bembon roots III. Dans ce triptyque, le pianiste dessine, avec à chaque fois une vingtaine de musiciens de tous horizons, l'arbre généalogique des musiques noires. Le son caractéristique de Omar Sosa y est fait de ruptures, de scansions (Le rappeur Will Power est de la partie sur les trois disques), et de litanies yorubas mêlées à la salsa. L'apport d'Omar Sosa dans la nouvelle musique caraïbe et le jazz se situe dans le traitement, capricieux et jubilatoire, et dans sa perception transversale de la religion. Un concert aux allures de rituel, à la fois ancestral et futuriste, une furieuse curiosité musicale.

Omar Sosa Trio
Au Train Théâtre (Valence)
Le
28/02/04 à 20H30
Renseignements : 04 75 57 14 55
Omar Sosa Trio (Ph: ©DR)