Offspring à Lyon ! Par Christophe Ducluzeau
Le groupe Punk Californien vient défendre live son tout nouvel album, Splinter. La fosse aux lions! Ou plutôt aux punks.
Eh oui, autant vous prévenir tout de suite, ça risque de "pogoter un max" ce 24 février dans les travées de notre bonne chère Halle Tony Garnier. Les fameux Offspring nous arrivent tout droit de leur Californie "Schwarzenneggest" pour une
tournée européenne qui s'annonce triomphale et qui passera également par Liile le 8 mars et Paris Bercy le 16. Après un année 2003 riche en concert évènement (REM, Ben Harper, Placebo…), voilà une affiche qui ne pouvait
annoncer meilleure cuvée. Allez, dans l'arène!Punk ou rock? Formé en 1987, dans une décennie marquée par la toute puissance des synthétiseurs, Offspring représentait alors la nouvelle vague
punk, digne héritiers des Pistols. Pourtant, le combo californien suit un parcours émaillé de hits mais également de bides retentissants. C'est en 1994,
après plusieurs tentatives plus ou moins réussies (deux albums, une compilation…), que la destiné du groupe va réellement changer. Signé par le label Epitath, le groupe sort Smash. L'album fait monter immédiatement le
groupe en flèche aux USA avec à la clé de nombreux concerts et festivals organisés par d'autres groupes punks. Grâce aux titres "Come out and play" et le très sulfureux "Smash it up"
, c'est le monde entier qui goûte à ce punk californien. Un véritable carton : 14 millions d'exemplaires vendus à ce jour de l'album dont 400 000 rien qu'en France. Les salles comblent se succèdent
avec comme point d'orgue, un déjà mythique concert en Angleterre devant un auditoire de 150 000 personnes! La machine est lancée. Après un album de décompression de melon, intitulé Ixnay on the hombre,
Offspring reprend sa marche en avant avec en 1998, la sortie de son cinquième opus, Americana. Vendu à plus de 15 millions d'exemplaires dans le monde, disque d'or en France, et anecdote révélatrice du succès chez les
teenagers, détenteur du morceau le plus téléchargé sur le Net avec "Pretty Fly", le succès est au rendez-vous. Les autres singles auront pour nom "Kids aren't alright" ou encore
"Why don't you get a job?". Pourtant, la polémique pointe déjà le bout de son nez. Notamment sur la réelle place du groupe dans le mouvement punk. La cause : des tendances musicales
plus proches des standards FM que du pur punk crasseux. Mais surtout, Offspring change de label et signe chez une major américaine, Sony Columbia,
très éloignée il est vrai et même pour ne pas dire antagoniste, des valeurs véhiculées par la rebelle attitude. Peu importe, le groupe fait le dos rond à la
polémique et sort en 2000 Conspiracy of one, album d'un nouveau style et abordant de nouveaux sujets. Cause à effet ou simple coïncidence, le succès sera mitigé.
Quid du nouvel album? C'est donc le 2 décembre 2003 que le groupe a sorti son dernier album, Splinter. Offspring nous ayant habitué au très bon (Smash)
comme au moins bon (Conspiracy of one), à l'annonce de ce nouvel album, nous étions en droit de s'interroger. Ni mauvais, ni bon, cet opus se révèle
pluriel, signe que ces "punkers" n'ont pas fin de se chercher. Dans un dédale de titres hétérogènes, on découvre quand même des perles tels que "Da Hui"
totalement old school ou d'autres morceaux plus classiques, comme "The noose" ou "(Can't get my) Head around you". Malheureusement, mis à
part ces titres, d'autres plus commerciaux viennent entacher l'album, tels "Hit that", single totalement fade mais terriblement efficace, ou le ska de "The worst hangover ever"
auquel Offspring nous habitue à chaque nouvelle sortie. Pas franchement décevant mais bon. De quoi relancer en tout cas la polémique sur le punk attitude des californiens. 24/02/04, 20h30 - Halle Tony Garnier de Lyon
www.halle-tony-garnier.fr
www.offspring.com Ph : ©DR |