" L'école en Chine "

Le deuxième volet de la série " Apprendre aujourd'hui... " initiée en 2001 avec l'Afrique de l'Ouest afin de présenter les conditions d'enseignement dans tous les coins du monde, s'ouvre cette année sur l'Asie et plus particulièrement sur la Chine.

Si la différence principale entre nos écoles et les écoles africaines était criante dès le premier regard - pauvreté, manque de matériel, fournitures et infrastructures insuffisantes - il n'en est pas de même avec la Chine. En effet il n'existe pas une réalité de l'enseignement primaire en Chine, mais plusieurs qui cohabitent sans même parfois que les chinois eux-mêmes en aient conscience tant le pays est grand. On peut pour simplifier distinguer l'enseignement dans les zones rurales et celui des zones urbaines. Ces dernières sont privilégiées : bien souvent villes côtières, les grandes villes de Chine mettent des moyens importants à disposition de l'éducation : l'Etat chinois mise en effet beaucoup sur le développement de sa jeunesse et de ses élites pour poursuivre le développement économique et l'ouverture au monde initiés dans les années 90. La mobilisation des ressources au profit de la population urbaine s'effectue au détriment des populations des campagnes chinoises, particulièrement celles de l'Ouest du pays et au sein des minorités nationales.
C'est cette dualité, ces deux faces de l'école en Chine que nous avons voulu présenter dans cette exposition : d'une part l'exemple en photographies de
l'école Mei Yuan Primary School de Shanghai, où les cours d'informatique côtoient ceux de calligraphie en chinois ancien, où les enfants sont vêtus d'uniformes et chantent leur hymne national sous le drapeau hissé tous les matins, avant d'aller en cours d'anglais ou de sciences naturelles.

D'autre part l'exemple d'un village de la minorité Miao à travers le film
"Le chemin des écoliers " de Marie Claire Quiquemelle* qui témoigne des difficultés quotidiennes rencontrés par les chinois des ravines, où l'enseignement doit bien souvent laisser sa place à la simple survie.
Dans ce système décentralisé,
les professeurs sont très peu formés et si mal payés qu'ils font parfois travailler la terre à leurs écoliers pour améliorer leurs conditions de vie. Les enfants peuvent marcher jusqu'à 2 heures chaque matin pour se rendre à l'école. Ils manquent cruellement de fournitures, à l'instar de Ma Yan, rendue célèbre par la publication de son Journal, qui s'était privée de repas pendant 15 jours afin de s'offrir le crayon à papier indispensable à ses cours... En Chine, l'enseignement élémentaire est officiellement obligatoire et gratuit de 7 ans à 16 ans. Mais si les écoliers des villes sont nombreux à poursuivre leurs études dans le supérieur et à partir étudier en Europe ou aux Etats-Unis, les écoliers du monde rural voient quant à eux leur horizon scolaire s'éloigner et dépendre de plus en plus de l'aide internationale.
L'école en Chine concerne 235 millions d'écoliers qui vivent donc très différemment leur accès à l'éducation.

Jusqu' au 28/02/04 au MUSEE DES ECOLES de Villeurbanne (69)
  - 116 cours Emile Zola - Mo République
Tel : 04 78 84 04 72 - Mail :
museedesecoles@mairie-villeurbanne.fr

Visites de groupes et de classes en semaine sur RV - Visite tout public : samedi matin de 10h à 12h
Le musée des écoles ouvrira exceptionnellement ses portes au tout public pendant les vacances scolaires de février, du lundi au vendredi, 9h/12h - 14h/17h avec une visite guidée de l'espace historique (évolution de l'école publique depuis 1830) à 14h30 (nombre limité). Le musée est gratuit.
(1) Titre en chinois
(2) Afin de réduire la myopie des élèves, accentuée par la difficulté de l'écriture chinoise, la journée est rythmée par des séances d'exercices sanitaires des yeux, qui consistent en un massage des arêtes du nez et des arcades pour soulager la tension des nerfs optiques.
 - Photos : Gilles Michallet –

* Marie-Claire Quiquemelle, membre du centre de recherche civilisation chinoise (EPHE-CNRS), travaille sur la Chine depuis 1970 et gère le Centre de documentation sur le cinéma chinois de Paris. Elle est l'auteur de très nombreux ouvrages et articles de référence, et de films documentaires de recherche.