Brendel, père et fils / Quelques autres en chambrisme
par Dominique Dubreuil
Il est désormais dans la légende pianistique du XXe, et il continue – Dieu merci – dans le XXIe: Alfred Brendel
revient à Lyon dans un programme en miroir de ses questionnements. Le Mozart des sonates (K.281 et 282) et des fantaisies (K.396) a toujours été placé par lui au plus
haut de l'inspiration, en même temps – forcément sublime – que l'ante-pénultième des sonates de Beethoven (op.109) et ce Schubert dont il s'est fait l'un des traducteurs les plus intuitifs et les plus
rénovateurs de répertoire (3 Klaviestücke, D.946). Ce qu'on connaît moins – ou dont on perçoit quelques éclats lorsqu'il joue Haydn ou Mozart -, c'est l'originalité non-conformiste de son regard sur le
quotidien musical ou la façon de s'évader en poésie ou non-sense (un recueil de textes post-dadaïstes en témoigne), ou les hobbies de collectionneur
(objets kitsch, masques, "coquilles" parues dans la presse – et il ne risque guère de manquer de matériau!). Bref l'humour anglais de cet Autrichien vivant
à Londres n'est pas dimension négligeable, même si du parti-pris s'en mêle – ainsi lorsque dans ses livres il déclare s'abstenir sans remords de jouer toutes
les reprises indiquées par Schubert dans les sonates -. Est-il bon père? Cette question indiscrète et hors-sujet pourra trouver commentaire dans le second de ses concerts lyonnais, puisque avec son fils violoncelliste
Adrian il explorera les sonates-chiffre-impair (1,3 et 5), et les Variations de Beethoven sur Judas Macchabée de Haendel. ( 22/11
et 24/11, Grands Interprètes à l'Auditorium et à la Salle Molière / T. 04 37 24 11 66 / 04 78 95 95 95)
Michel Dalberto est certainement l'un des pianistes français les plus originaux et déterminés à imposer un son spécifique, et entre autres dans
Schubert dont il donne une image énergique et sombre. Son invitation par l'Association Chopin permettra de l'écouter dans Chopin (la Fantaisie, la 4e
Ballade…), mais aussi dans Liszt-géant du clavier (4 études d'exécution transcendante) et transcripteur de la pensée wagnérienne. (Salle Molière,
19/11 / T. 04 78 64 81 65). La Salle Molière abrite aussi pour l'ouverture de saison (Société de Musique de Chambre) un duo flûte (Philippe Bernold) et piano (Ariane Jacob) qui
après des variations écrites par Schubert sur la Belle Meunière donne la parole au néo-romantique Karl Reinecke (1824-1910: il fut ami de Mendelssohn et
de Schumann, puis enseignant dont les élèves s'appelaient Albeniz, Janacek et Grieg). La Sonate op.167 de ce compositeur prolixe est une musique à
programme, sur le thème très hoffmanien d'Ondine, la sirène entre eaux et airs. On entendra également les Sonates de Prokofiev (op.94) et de Poulenc
(09/11 et 10/11 / T.04 78 25 15 94).
Dans le ton chambriste, les solistes de l'ONL proposent des programmes riches du_ classique au moderne : l'op.76/4 de Haydn et l'op.18/4 de Beethoven
(Salle Molière, 15/11), le K.493 de Mozart, le 1er avec piano de Fauré et la Sonatine d'Honegger (Auditorium,
28/11 / T. 04 78 95 95 95). A Grenoble, le travail est poursuivi entre peinture, musique et d'abord cinéma: les concerts à l'Auditorium du musée (L'Oreille en fête) donnent la parole à
l'image introduite et commentée (films sur Gilles Apap, et David Oistrakh), avec des commentaires instrumentistes par le réalisateur Bruno Monsaingeon (le portraitiste bien connu de Glenn Gould). On pourra ainsi écouter
B.Monsaingeon en duo d'altiste avec le pianiste Eric Ferrand N'Kaoua (Brahms), puis en présentateur du violoniste russe Valeriy Sokolov (JS.Bach, Ysa¥e).(04/11 et 05/11
). Ensuite il y aura une "leçon de musique mozartienne" par le compositeur J.F.Zygel qui sera aussi le partenaire pianistique de
Catherine Arnoux, A.G.Lemarchand et Y.Blanchon pour des extraits des K.548, 304 et 478: "véritable explication de texte, intelligible par tous, petits
et grands, initiés et néophytes, amateurs et curieux" (18 novembre), puis une autre incursion dans les territoires mozartiens par le Quatuor Ariel (K.458), qui jouera aussi le 8e
de Chostakovitch et le Cantus 2 de Mark Kopitman (21/11
/ T. 04 76 87 77 31; www.museemusique.com
; et pour se joindre à l'effort "rugissant en 38e", dans le chant diphonique, le 27 /11.)Alfred et Adrian Brendel ©DR Michel Dalberto ©DR
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