Bâle, business et bohême Par Christian Soleil La ville de Bâle mêle les saveurs contrastées du monde des affaires internationales et de l'esprit bohème, combinant adroitement le commerce et l'industrie avec un flair
particulier pour l'art, la couleur et l'individualité. Bâle est comme toutes ces villes du nord pour lesquelles le sens de la fête est comme une seconde
nature. D'importantes manifestations folkloriques, réunions sportives internationales et fêtes locales s'y déroulent au fil des saisons. Bâle est méridionale, finalement, puisqu'on y vit volontiers dehors. On aime à se
rencontrer dans les larges rues piétonnes, avaler une chope de bière sur une terrasse improvisée, faire ses courses sur le marché bigarré et joyeux de Marktplatz, sous l'imposant hôtel de ville aux couleurs chatoyantes
et aux drapeaux qui claquent, flâner le long des quais du Rhin ou se détendre autour de la curieuse fontaine de Jean Tinguely sur l'esplanade du nouveau grand théâtre municipal. Au plein coeur de la fête d'automne,
Hebstfest, il n'est pas la moindre place de la ville qui échappe aux clignotements multicolores de manèges incroyables, depuis la Tower Power qui vous envoie en un quart de seconde au-delà des nuages jusqu'aux simples
marchands de gaufres, en passant par les grandes roues innombrables dont les lumières illuminent les façades d'églises gothiques qui ne s'en offusquent pas. Bâle est une ville ouverte, tolérante, paisible. Sa jeunesse
s'y déploie en toute liberté. Les fleurs y ouvrent leurs corolles dans une atmosphère douce et chaleureuse. Là où le vent de l'humanisme a soufflé perdure une joie tranquille qui semble baigner chaque pierre et chaque
être.Bien des villes prétendent être le centre du monde. Un coup d'oeil sur une carte géographique vous permettra de constater qu'au coeur même de l'Europe, le Rhin change subitement de cap et bifurque vers le nord. A
Bâle, justement. Deuxième ville de Suisse, Bâle s'étend sur les deux rives du Rhin : GrandBâle occupe la rive gauche, et PetitBâle, la droite. Grâce à son emplacement sur un fleuve d'importance stratégique et au
voisinage des frontières de France et d'Allemagne, la ville a rapidement joué un rôle économique important. Les villes surprenantes ont aussi une histoire surprenante. Les nombreux monuments historiques et la Vieille
Ville (Altstadt) largement intacte témoignent des pas moins de 2000 ans d'histoire de Bâle. L'origine de Bâle remonte aux temps celtiques. Les peuples romains, alémaniques et francs se sont aussi installés sur son
emplacement. Le nom "Basilia" est mentionné pour la première fois en 374 sous l'empereur Valentin I. Après l'introduction de la chrétienté au quatrième siècle et le repli des Romains vers l'Italie autour de l'an 400, le
siège de l'évêché fut installé sur la colline de Münster à Bâle au début du septième siècle. En 1006 l'empereur Henri II reprit la ville au roi Rudolf III de Bourgogne et encouragea la construction de la cathédrale qui,
après un incendie et le tremblement de terre de 1356, surplombe à présent le Rhin de son style gothique romantique. La construction du premier pont sur le Rhin au cours du treizième siècle fut décisive pour le
développement de la ville. Elle rendit en effet possible le transport de longue distance et contribua à transformer Bâle en une riche cité commerçante. Un autre moment clef de l'histoire de Bâle fut le Conseil
oecuménique de 1431-1448, qui eut pour objectif de renouveler et de renforcer l'Eglise.La première université de la Confédération helvétique fut fondée à Bâle en 1460. Elle accueillit en son sein de nombreuses
personnalités, dont Erasme de Rotterdam fut sans conteste la plus remarquable, et conféra à Bâle la réputation d'une ville d'humanistes. de célèbres professeurs enseignèrent ici, parmi eux le médecin Paracelse et le
philosophe Nietzsche. Bâle a toujours été le creuset d'une intense vie économique et intellectuelle. En 1501 Bâle rejoignit la Confédération et en 1504-1514 l'hôtel de ville fut construit sur la place du marché. La
Réforme de 1529 amena une phase de stagnation intellectuelle et économique. Néanmoins, durant cette période furent posées les fondations du développement économique florissant des trois siècle qui suivirent. Les
réfugiés protestants souvent fortunés qui arrivaient de France, d'Italie et de Hollande introduisirent la fabrication de la soie et la teinture sur tissu, qui devaient apporter de grandes richesses à la ville. Les
nombreuses demeures cossues de Mûnsterplatz , la Maison Blanche (Weisses Haus) et la Maison Bleue Blaues Haus) sur Rheinsprung, le Seidenhof sur Totentanz et la Wildt'sche Haus sur Petersplatz témoignent de cette
période. Bâle entre dans la période moderne avec la démolition en 1860 des murs de la ville, encore parfaitement intacts à cette époque. Plus rien ne pouvait freiner désormais un rapide développement urbain. Des anciens
murs ne persistent plus aujourd'hui que les portes : Spalentor, St. Johanns-Tor, St. Alban-Tor. Avec la disparition des murs d'enceinte apparurent aussi les transports modernes. En 1844 Bâle fut la station
terminus de la première ligne de chemin de fer internationale au monde, et à partir de 1904 l'importance de la ville comme carrefour d'échanges fut augmentée par l'apparition de la navigation moderne du Rhin suisse.
Aujourd'hui Bâle est un pôle économique reconnu au plan international, un espace d'échanges commerciaux, une ville de banque et le siège d'entreprises pharmaceutiques de renommée mondiale comme Roche ou Novartis, qui
doivent leurs origines à la soie et à la teinture. Bâle est aussi un centre industriel de première importance pour les plus grandes entreprises chimiques, textiles, métallurgiques et mécaniques. Le rôle stratégique et
financier de la ville est manifeste : des délégations du monde entier viennent y discuter des problèmes d'équilibre monétaire mondiaux. Ces rencontres ont lieu régulièrement dans l'élégante tour de la Banque des
Règlements Internationaux. En outre, au cours du XXe siècle, Bâle est aussi devenue le principal centre suisse des salons professionnels et des conférences. Le syndicat d'initiative de Bâle a élaboré cinq circuits de
promenades pour le touriste qui souhaite découvrir la ville et admirer au mieux ses principales curiosités. Ces circuits sont signalés à travers les différentes rues, ruelles et places par des panonceaux munis de
symboles différents : circuit Erasme (rouge), circuit Jacob Burckhardt (bleu clair), circuit Thomas Platter (jaune), circuit Paracelse (gris), circuit Holbein (vert). Très attachés à l'art, les citoyens de Bâle
votèrent, en 1967, un crédit exceptionnel pour l'acquisition de deux oeuvres de Picasso destinées au Musée des beaux-arts. Touché par ce geste, le maître fit don à la ville de quatre toiles supplémentaires. Bâle compte
par ailleurs encore 26 autres musées. Si vous hésitez sur le programme de votre soirée à Bâle, consultez la double page du quotidien local consacrée aux distractions et autres événements bâlois. La plus grande fête de
l'année reste le Carnaval de Bâle. Toute la ville participe à trois jours de festivités solennelles. Quelques semaines plus tôt, PetitBâle célèbre la fête du "Vogel Gryff" (griffon), du "Leu" (lion) et du "Wilde Mann"
(homme sauvage) qui dansent selon un ancien rituel et chassent l'hiver hors de la ville. Puis le lundi suivant le mercredi des Cendres, à quatre heures du matin précises, Bâle explose et donne le coup d'envoi au
Carnaval avec le traditionnel "Morgenstreich". A voir : - THREE ISLANDS / Richard Stankiewicz, June Leaf, Robert Lax Jusqu'au 16 janvier 2005 - Musée Tinguely www.tinguely.ch
- "ArchiSculpture" Dialogues entre architecture et sculpture du XVIIIe siècle à nos jours Jusqu'au 30 janvier 2005 - Fondation Beyeler http://www.beyeler.com |