Michel Edelin Quintet "Et la Tosca Passa"
Par Christian Delvoye Dans le "Dictionnaire du Jazz" (Lafont), Michel Edelin est reconnu dans les grands musiciens créateurs comme un authentique spécialiste de la
flûte jazz. Il est parmi les quatre flûtistes cités dans le référendum Jazz Hot, avec Dave Valentin, James Moody et Sonny Fortune, ceux qui font de la flûte un moyen d'expression original,
mais à part entière, en l'écartant de son image secondaire au répertoire stéréotypé. Parce que les amateurs de jazz noctambules
s'obstinaient à confondre le tubulaire instrument de musique avec le précieux réceptacle dévolu au plus champenois des breuvages, Michel Edelin prit jadis le singulier parti de jouer
du jazz à la flûte, exclusivement. Et s'il tâta brièvement du saxophone soprano, il se plaît à raconter qu'un esthète le lui a opportunément dérobé. Exclusive
donc, sa passion devait lui permettre d'explorer toutes les ressources de cette famille instrumentale, de la sensuelle rondeur de l'alto aux lancinantes
stridences du piccolo, de la rectitude du son le plus pur au grain du souffle comme le pratiquent les Orientaux ou avec le fredonnement de la voix, dans
l'esprit de Roland Kirk. Après Triode et le groupe Flûtes-Rencontre, c'est désormais en quintet qu'il explore les méandres du jazz jusqu'à tracer sa
propre route. Elle croise les avenues du répertoire, là les chemins de traverse où s'égarent toutes les audaces, plus loin encore l'infinité des digressions
modales. Mais, toujours tissé d'énergie et de nuances, son parcours demeure éminemment musical. Avec "Et la Tosca Passa", Michel Edelin a l'ambition de
nous emmener dans l'univers de l'opéra de Giacomo Puccini, souhaitant prendre en compte le lyrisme de certains aspects du jazz et celui de l'opéra italien. Pourquoi Puccini? Pourquoi la Tosca? "
Pour tenter de créer une liaison intemporelle et poétique entre l'émouvante démesure lyrique des mélodies de Puccini et le chant déchirant et déchiré des grandes figures
du jazz. Pour l'espoir que, pour un soir, sous les voiles de La Tosca, apparaisse la silhouette de Maria Callas traversant lentement la scène, aux bras d'Albert Ayler et de John Coltrane, mêlant l'écho de leurs voix
au cœur de nos mémoires. Pour proposer aux musiciens connus, et reconnus, qui composent ce quintet de s'exprimer d'une manière différente de ce que l'on connaît d'eux dans d'autres configurations et sur d'autres scènes
" (Michel Edelin). Voilà un spectacle qui révèle le talent de cinq musiciens exceptionnels, la richesse de leur personnalité et leur capacité d'invention. Un concert de Michel Edelin, c'est un pari sans cesse
rejoué, toujours tenu, par un homme qui vous fera dire "Flûte" sans dépit, amertume ou remords, par simple expression de plaisir.
Michel Edelin Quintet./ Le Dôme Théâtre (Albertville), le 11 mai
2006 à 20H30. www.dometheatre.com Photo: Michel Edelin (c) Service Presse Ne pas manquer : l'exposition de Mylène Besson Exposition présentée dans le hall du 10 Mai au 03 Juin 2006
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