Jan Garbarek Quartet

Par Christian Delvoye

Cap sur la Norvège avec le saxophoniste Jan Garbarek et son quartet. Ce musicien, à la palette sonore étonnamment variée, capable de sonorités les plus glacées comme de torrents les plus tumultueux, compte parmi ses partenaires privilégiés le Hilliard Ensemble spécialisé dans la musique Renaissance et le quartet de Keith Jarrett.

On ne l'avait pas oublié, mais on se questionnait,
on réfléchissait, on doutait. Un événement est venu rompre finalement le silence, la sortie du disque
"In Praise of Dreams" avec l'altiste Kim Kashkashian et le batteur Manu Katché. Né le 4 mars 1947,
Jan Garbarek voulait jouer de la batterie, mais l'exiguïté de l'appartement familial l'interdit! Devenu saxophoniste polyvalent (du saxophone basse au sopranino), au son chaud et plein, il n'hésite pas non plus à se familiariser avec la clarinette et la flûte. C'est en 1963 qu'il voit à Oslo John Coltrane et son quartet et il tombe sous l'influence de l'Américain. S'y rajouteront celles d'Archie Shepp, Pharoah Sanders et Albert Ayler. D'autres influences et rencontres majeures, notamment avec Keith Jarett, Chick Coréa ou Don Cherry, accompagneront le début d'une carrière originale. En 1968, il forme un groupe avec Arild Andersen à la basse et Jon Christensen à la batterie. Un an plus tard, le guitariste Terje Rypdal vient s'ajouter au trio et c'est l'enregistrement d'un premier disque "Esoteric Circle" produit par George Russell. Fin des années soixante-dix, devenu un des piliers du label Ecm de Manfred Eicher, le saxophoniste norvégien fin mélodiste au lyrisme retenu et à l'évanescence romantique est un des chefs de file d'une nouvelle esthétique sonore apparue dans le jazz scandinave. Il fonde avec la percussionniste Marylin Mazur, le bassiste Eberhard Weber et le pianiste Rainer Bruninghaus, le Jan Garbarek Group, présent ce soir sur la scène de l'Auditorium. Le voilà donc qui se réveille, six ans après la parution de "Rites" (ECM), son dernier album en date. Il se lève et nous attire vers lui. Ses mélodies douces-amères et hypnotiques  nous troublent. Ses folklores fantasmés venus du froid norvégien le transportent vers un lyrisme inattendu, loin du phrasé jazz traditionnel par trop entendu et nous le suivons inlassablement. A chaque fois un nouvel horizon, du Brésil à l'Afrique (Avec Nana Vasconcelos ou Manu Katché), ou de l'Inde à un continent imaginaire (Avec Zakir Hussain et John McLaughlin). Du jazz, il en est toujours question! La formation avec laquelle il se produira ce soir présage de vous emmener loin, très loin ou ailleurs!

Jan Garbarek Quartet. / Auditorium (Lyon), le 20 mai 2006 à 20H30.
www.auditorium-lyon.com
Photo : Jan Garbarek (c) Silvia Lelli/ECM

Autres concerts à ne pas manquer:
12, 13 et 14 mai à la Salle Genton / Lyon 8e : Carte blanche à Emmanuel SCARPA:
Umlaut et Comme see the Duck /
www.agapes-production.com